Quatrième de couv :
C’est dans la trentaine que la vie m’a sauté à la figure. J’ai alors cessé de me prendre pour le roi du monde et je suis devenu un adulte comme les autres, qui fait ce qu’il peut avec ce qu’il est. J’ai attendu la trentaine pour ne plus avoir à me demander à quoi cela pouvait bien ressembler, la souffrance et le souci, la trentaine pour me mettre, comme tout le monde, à la recherche du bonheur. Qu’est-ce qui s’est passé? Je n’ai pas connu la guerre, ni la perte d’un proche, ni de maladie grave, rien. Rien qu’une banale histoire de séparation et de rencontre”
Mon avis :
C’est un style d’écriture particulier, celui où l’auteur s’adresse directement au lecteur, et j’ai adoré, j’aimerai voir ça plus souvent.
En ce qui concerne l’histoire en elle même, c’est une histoire d’amour, ou plutôt une histoire d’amour qui a du mal à se terminer pour en commencer une autre.
Marié, deux enfants, il commet un premier impair avec une chanteuse de passage, qu’il avoue directement à sa femme. A partir de là, son couple devient un cauchemar, sa femme, qui a décidé de lui faire payer devient monstrueuse et va même jusqu’à le frapper violemment.
Quand il part quelques jours en Italie et que le destin met Alice sur son passage, sa vie bascule. Il regoutte à l’amour, aux vrais sentiments. Ce petit bout de femme est attirant, attachant et on aimerai qu’il quitte Alexandrine sa femme, pour elle. Mais, pour je ne sais qu’elle raison, il met du temps, il s’attarde, il se pose des questions, ” suis je encore amoureux d’elle ? Est ce que j’ai le droit de la quitter si elle va mal ?” etc.
Alors on le suit dans son histoire et on l’encourage secretement à quitter sa femme pour la belle et intelligente Alice.
J’ai passé un très bon moment à lire ce livre de même pas 300 pages, le style écriture nous donne l’impression de vivre son histoire en direct. Je le conseil vivement.
“ J’ai du mal à imaginer qu’on puisse faire l’amour avec quelqu’un, même d’inconnu, même une unique nuit, sans qu’un lien fort en résulte. Deux corps qui se sont pénétrés, deux peaux qui se sont frottées l’une contre l’autre, deux salives qui se sont échangées, se doivent des comptes, on ne peut pas s’en tirer comme ça, même si chez la plupart des gens, de fait, ça n’engage à rien.”
“ Je ne me suis jamais senti aussi seul, jamais dans une impasse à ce point, alors je fonds en larmes pour moi tout seul, parce que j’ai fini par comprendre que, dans ces cas-là, quand tu n’as plus d’autre solution, quand ça devient trop, trop impossible, trop sans issue, c’est la seule chose à faire.”
” Pour moi, une inconnue, une fille de façon générale, c’est une fête, une aventure, et son corps offert, le plus inespéré et précieux des trésors. C’est peut-être naïf, mais je m’en fous. Je la revendique, même, cette naïveté, j’en suis fier, je suis très heureux de l’avoir conservée intacte à mon âge parce qu’elle m’a réservé de trop rares mais intenses moments de bonheur”.
” A t-on le droit, pour sauver égoïstement sa peau, de quitter celui ou celle que l’on a aimé à la vie à la mort ? As tu le droit de laisser tomber l’autre, lorsqu’il va moins bien que toi qu’il est plus vulnérable que toi et qu’il est tacitement établi entre vous que son si fragile équilibre dépend de ta décision ou non de rester ?”