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# 57 – Les Nuits de Karachi de Maha Khan Philips

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Résumé :

Amynah Farooqui écume les soirées branchées de Karachi qu’elle chronique dans un journal People. Avec ses amies d’enfance Mumtaz et Henna, elle est le parfait symbole d’une certaine jeunesse dorée pakistanaise, à mille lieues d’une population misérable et opprimée, irrésistiblement attirée par les discours extrémistes. Lorsque les trois filles dêcident de réaliser un documentaire sur la violence faite aux femmes dans leur pays, le film, qui acquiert une notoriété aussi subite que surprenante, va bouleverser leur existence…
Le talent de Maha Khan Philips éclaté dans ce premier roman étincelant d’un humour noir subversif, qui dynamite l’image de soumission des femmes dans les sociétés islamiques. Rien de tel que ce. Ocktail Chanel, sexe et cocaïne pour comprendre la décadence qui s’est emparée d’une certaine élite dans l’un des pays les plus instables du monde.

Mon Avis :

Amynah, Mumtaz, Henna, sont trois amies d’enfance, proches et pourtant si différentes.

Amynah, elle , est dans sa bulle de coke, elle ne pense qu’à sortir s’amuser danser et boire,  Mumtaz dont le père est un grand magnat de la drogue est plus discrète et gênée par sa réputation et Henna, prisonnière d’un mariage arrangé par son père.

Lorsqu’elles retrouvent Nilofer, une amie d’enfance qui a été mariée de force à un homme violent, Amynah se rend compte de la différence qu’il y a entre la capitale et le reste du pays. A elles trois elles décident de monter un documentaire contre les crimes d’honneurs et sur les femmes opprimées pour sauver Nilofer mais aussi pour se faire une réputation. Sauf qu’elles vont être prise dans une vaste machination qui les dépassent totalement.

Ce roman nous entraîne dans la réalité du pakistan, on voit comme le thème des femmes battues est largement exploité par les médias, on voit la différence entre la capitale devenue très occidentale et les villages à côté avec les femmes opprimées qui porte toujours la burqa et qui sont mariées à 13 ans par leur père.

Cela nous fait même nous demander où est vraiment la réalité dans ce qu’on voit dans les médias et ce qu’il se passe à l’ intérieur du pays.

Ce livre est traité avec beaucoup de cynisme, ce qui est vraiment appréciable. Il n’y a pas vraiment de leçon de morale de la part de l’auteur, il y a juste une vérité mise en avant : l’existence d’une jeunesse dorée à Karachi qui se rendra compte à son dépend, qu’elle ne peut pas faire ce qu’elle veut sans se brûler les ailes.

En conclusion, c’est un roman très touchant, à lire pour voir le pakistan sous un angle différent.

En bref, un roman qui ne laisse pas indifferent  que je recommande vivement !!

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mars 1, 2013 · 8:40

# 56 – Autobiographie d’Une Courgette – Gilles Paris

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Editeur : J’ai lu

Nombre de pages : 254

Résumé :

« Depuis tout petit, je veux tuer le ciel ». Ainsi commence l’histoire racontée par Icare, un petit garçon naïf et inculte, surnommé Courgette, qui, à neuf ans, vit à la campagne avec sa mère. Depuis son accident, la mère de Courgette ne travaille plus à l’usine et boit des bières en regardant la télévision du matin au soir. Elle s’occupe peu de son fils qui n’apprend rien à l’école et joue seul pour la plupart du temps. Les rares dialogues échangés passent par la télévision, source d’inspiration de Courgette qui ne connaît la vie qu’à travers le petit écran. Un jour, Courgette découvre un revolver et tue accidentellement sa mère. Le juge le déclare « incapable mineur » et Courgette est envoyé dans une maison d’accueil. Mais pour Courgette, contrairement aux autres enfants, la maison d’accueil est loin d’être « une prison ». L’apprentissage d’une vie passe désormais par les Fontaines et tous les rêves de Courgette deviennent possible.

Mon Avis :

C’est l’histoire d’Icare, que tout le monde surnomme Courgette. Il a 9 ans, et vit seul avec sa mère. Une mère alcolique et violente. Courgette ne connaît la vie qu’a travers l’écran de télévion devant lequel sa mère passe tout son temps. Le jour où il trouve le revolver de sa mère, il la tue accidentellement. Il se retrouve aux  » Fontaines » , dans un foyer avec d’autres enfants qui n’ont pas eu de chance. Et finalement, la mort de sa mère lui a sauvé la vie. En arrivant aux Fontaines il va apprendre la vie avec ses nouveaux amis, ses éducateurs qui prennent soins des enfants, et surtout, il va apprendre l’amour, avec Camille.

Cette histoire racontée directement par Courgette est une merveille de douceur et de tendresse. Pleine d’optimisme et de réalité et d’espoir, ce roman est plus que touchant.

Extraits :

 » La petite fille s’sappelle Camille. Je pense à elle, même quand elle est là. Quand elle me regarde, je deviens aussi rouge qu’une fraise. On dirait une fleur sauvage qu’on veut pas cueillir pour pas qu’elle s’abime entre vos doigts »

 » Les adultes des fois, ça dit des trucs stupides à cause de la peur qui leur dévore le coeur. »

 » Je regarde Camille. Et je me sens tout bizarre, comme si mon coeur jouait au foot avec mon estomac. »

 » Des fois les grandes personnes faudrait les secouer pour faire tomber l’enfant qui dort à l’intérieur. »

 » Moi, quand je serais vieux, j’aurais toujours 10 ans, je poserais toute sortes de questions stupides et je n’aurais pas une seule ride. »

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février 21, 2013 · 3:20

# 52 – Just Kids , Patti Smith

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Résumé :
C’était l’été où Coltrane est mort, l’été de l’amour et des émeutes, l’été où une rencontre fortuite à Brooklyn a guidé deux jeunes gens sur la voie de l’art, de la ténacité et de l’apprentissage. Patti Smith deviendrait poète et performeuse, et Robert Mapplethorpe, au style très provocateur, se dirigerait vers la photographie. Liés par une même innocence et un même enthousiasme, ils traversent la ville de Brooklyn à Coney Island, de la 42e Rue à la célèbre table ronde du Max’s Kansas City, où siège la cour d’Andy Warhol. En 1969, le couple élit domicile au Chelsea Hotel et intègre bientôt une communauté de vedettes et d’inconnues, artistes influents de l’époque et marginaux hauts en couleur. C’est une époque d’intense lucidité, les univers de la poésie, du rock and roll, de l’art et du sexe explosent et s’entrechoquent. Immergés dans ce milieu, deux gamins font le pacte de toujours prendre soin l’un de l’autre. Romantiques, engagés dans leur pratique artistique, nourris de rêves et d’ambitions, ils se soutiennent et se donnent confiance pendant les années de vache maigre. Just Kids commence comme une histoire d’amour et finit comme une élégie, brossant un inoubliable instantané du New York des années 60-70, de ses riches et de ses pauvres, de ses paumés et de ses provocateurs. Véritable conte, il retrace l’ascension de deux jeunes artistes, tel un prélude à leur réussite.

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Mon avis :
Patti Smith relate avec pudeur et émotion sa vie avec Robert Mapplethorpe, cette vie faite de bohème mais surtout d’art même dans les pires moments, ils savaient que l’art était en eux. Elle parle très peu du rock et de la chanteuse qu’elle est devenue. Dans ce roman c’est la Patti Smith des années 60, la poétesse, celle qui se cherche encore. Elle nous raconte ce qui l’a faite devenir la Patti Smith que l’on connaît. La relation fusionnelle qu’elle entretenait avec Robert et qu’elle a toujours eu même après son mariage. Cette histoire d’amitié si intense. Just Kids commence et se termine avec la mort de Robert en 1989. Cette vie qu’elle relate sans se plaindre, malgré les coups durs est une histoire incroyable. Et elle s’est servie, pour ce livre qu’elle a pensé et écrit en plus de treize ans, de tous ses journaux intimes, où chaque détail était consigné, les coupes de cheveux qu’elle administre à Mapplethorpe à la lumière de la lune, ou l’atmosphère du New York des années 60 ou 70.
Une histoire tellement touchante qu’elle fait partie des histoires dont on ne ressort pas indemne.

Extraits :
– C’était l’été de la mort de Coltrane. L’été de « Crystal Ship ». Les enfants fleurs levaient leurs bras vides et la Chine faisait exploser la bombe H. Jimi Hendrix mettait le feu à sa guitare, « Ode to Billie Joe » passait en boucle sur les grandes ondes. Des émeutes éclataient à Newark, Milwaukee et Detroit. C’était l’été d’Elvira Madigan, l’été de l’amour. Et dans cette atmosphère instable, inhospitalière, le hasard d’une rencontre à changé ma vie. C’est l’été où j’ai rencontré Robert Mapplethorpe.

– Nous avions notre travail et notre amour. Nous n’avions pas d’argent pour aller voir des concerts ou des films, pas d’argent pour acheter des disques, mais nous passions et repassions inlassablement ceux que nous avions.

– Personne n’était destiné à mourir au Viêt-Nam, mais peu devait survivre aux fléaux cruels d’une génération.

– Qui peut connaître le cœur de la jeunesse sinon la jeunesse elle-même ?

– Il m’avait appris que la contradiction est souvent la voie la plus évidente vers la vérité.

– Il m’a regardé de ses yeux plein d’amour et de reproche. Mon amour pour lui ne pouvait pas le sauver. Son amour de la vie ne pouvait pas le sauver. C’était la première fois que je réalisais vraiment qu’il allait mourir.

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décembre 20, 2012 · 8:59