58 # La lettre d’une inconnue – Stefan Zweig

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Résumé :

« C’est depuis cette seconde que je t’ai aimé. Je sais que les femmes t’ont souvent dit ce mot, à toi leur enfant gâté. Mais crois-moi, personne ne t’a aimé aussi fort – comme une esclave, comme un chien –, avec autant de dévouement que cet être que j’étais alors et que pour toi je suis restée. Rien sur la terre ne ressemble à l’amour inaperçu d’une enfant retirée dans l’ombre ; cet amour est si désintéressé, si humble, si soumis, si attentif et si passionné que jamais il ne pourra être égalé par l’amour, fait de désir, et, malgré tout, exigeant, d’une femme épanouie. »

Un amour total, passionnel, désintéressé, tapi dans l’ombre, n’attendant rien en retour que de pouvoir le confesser. Une blessure vive, la perte d’un enfant, symbole de cet amour que le temps n’a su effacer ni entamer. L’être aimé objet d’une admiration infinie mais lucide. Une déclaration fanatique, fiévreuse, pleine de tendresse et de folie. La voix d’une femme qui se meurt doucement, sans s’apitoyer sur elle-même, tout entière tournée vers celui qu’elle admire plus que tout. La voix d’une femme qui s’est donnée tout entière à un homme, qui jamais ne l’a reconnue. Avec Lettre d’une inconnue, Stefan Zweig pousse plus loin encore l’analyse du sentiment amoureux et de ses ravages, en nous offrant un cri déchirant d’une profonde humanité. Ici nulle confusion des sentiments : la passion est absolu

Mon avis :

La lettre d’une inconnue.

L’histoire d’une femme, cette femme dont on ne connaîtra jamais le nom. Cette femme amoureuse. D’un amour total, passionnel et désintéressé. Un amour fou et sans limite , un amour incompréhensible. Pour cet homme qui ne sait même plus qui elle est. Elle aura vouée toute sa vie à cette homme, refusant de se mariée pour être toujours à sa disposition. Cette déclaration d’amour est incroyable. Cette femme, au bout de plusieurs années lui avoue enfin son amour fou qu’elle éprouve pour lui. Elle s’est donnée entièrement à lui, sans jamais lui dire, sans jamais lui demander quelque chose en retour. Pendant toute sa lettre on sent qu’elle meurt doucement, qu’elle n’en  peut plus. Mais elle ne s’apitoie pas sur son sort, elle ne lui en veut pas non plus de ne jamais s’être souvenue d’elle. C’est le témoignage de grands sentiments et de passion. On ressent beaucoup de peine pour cette femme prisonnière d’un amour impossible. C’est une histoire tragique, passionnelle, romantique. Bref, une merveille.

Extraits :

« C’est depuis cette seconde que je t’ai aimé. Je sais que les femmes t’ont souvent dit ce mot, à toi leur enfant gâté. Mais crois-moi, personne ne t’a aimé aussi fort – comme une esclave, comme un chien –, avec autant de dévouement que cet être que j’étais alors et que pour toi je suis restée. Rien sur la terre ne ressemble à l’amour inaperçu d’une enfant retirée dans l’ombre ; cet amour est si désintéressé, si humble, si soumis, si attentif et si passionné que jamais il ne pourra être égalé par l’amour, fait de désir, et, malgré tout, exigeant, d’une femme épanouie. »

« Rien n’existait pour moi que dans la mesure où cela se rapportait à toi; rien dans mon existence n’avait de sens si cela n’avait pas de lien avec toi ».

« Tu ne me recon­nus pas, ni alors, ni jamais : jamais tu ne m’as recon­nue. Com­ment, ô mon bien-aimé, te décrire la dés­illu­sion que j’éprouvai en cette seconde ? Je subis­sais alors pour la pre­mière fois cette fatale dou­leur de ne pas être recon­nue par toi, cette fatale dou­leur qui m’a sui­vie toute ma vie et avec laquelle je meurs : res­ter incon­nue, res­ter tou­jours incon­nue de toi. […] dans mes heures les plus noires, dans la conscience la plus pro­fonde de mon insi­gni­fiance, je n’avais pas même osé envi­sa­ger cette éven­tua­lité, la plus épou­van­table de toutes ; que tu n’avais même pas porté la moindre atten­tion à mon existence. »

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# 57 – Les Nuits de Karachi de Maha Khan Philips

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Résumé :

Amynah Farooqui écume les soirées branchées de Karachi qu’elle chronique dans un journal People. Avec ses amies d’enfance Mumtaz et Henna, elle est le parfait symbole d’une certaine jeunesse dorée pakistanaise, à mille lieues d’une population misérable et opprimée, irrésistiblement attirée par les discours extrémistes. Lorsque les trois filles dêcident de réaliser un documentaire sur la violence faite aux femmes dans leur pays, le film, qui acquiert une notoriété aussi subite que surprenante, va bouleverser leur existence…
Le talent de Maha Khan Philips éclaté dans ce premier roman étincelant d’un humour noir subversif, qui dynamite l’image de soumission des femmes dans les sociétés islamiques. Rien de tel que ce. Ocktail Chanel, sexe et cocaïne pour comprendre la décadence qui s’est emparée d’une certaine élite dans l’un des pays les plus instables du monde.

Mon Avis :

Amynah, Mumtaz, Henna, sont trois amies d’enfance, proches et pourtant si différentes.

Amynah, elle , est dans sa bulle de coke, elle ne pense qu’à sortir s’amuser danser et boire,  Mumtaz dont le père est un grand magnat de la drogue est plus discrète et gênée par sa réputation et Henna, prisonnière d’un mariage arrangé par son père.

Lorsqu’elles retrouvent Nilofer, une amie d’enfance qui a été mariée de force à un homme violent, Amynah se rend compte de la différence qu’il y a entre la capitale et le reste du pays. A elles trois elles décident de monter un documentaire contre les crimes d’honneurs et sur les femmes opprimées pour sauver Nilofer mais aussi pour se faire une réputation. Sauf qu’elles vont être prise dans une vaste machination qui les dépassent totalement.

Ce roman nous entraîne dans la réalité du pakistan, on voit comme le thème des femmes battues est largement exploité par les médias, on voit la différence entre la capitale devenue très occidentale et les villages à côté avec les femmes opprimées qui porte toujours la burqa et qui sont mariées à 13 ans par leur père.

Cela nous fait même nous demander où est vraiment la réalité dans ce qu’on voit dans les médias et ce qu’il se passe à l’ intérieur du pays.

Ce livre est traité avec beaucoup de cynisme, ce qui est vraiment appréciable. Il n’y a pas vraiment de leçon de morale de la part de l’auteur, il y a juste une vérité mise en avant : l’existence d’une jeunesse dorée à Karachi qui se rendra compte à son dépend, qu’elle ne peut pas faire ce qu’elle veut sans se brûler les ailes.

En conclusion, c’est un roman très touchant, à lire pour voir le pakistan sous un angle différent.

En bref, un roman qui ne laisse pas indifferent  que je recommande vivement !!

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mars 1, 2013 · 8:40

# 56 – Autobiographie d’Une Courgette – Gilles Paris

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Editeur : J’ai lu

Nombre de pages : 254

Résumé :

« Depuis tout petit, je veux tuer le ciel ». Ainsi commence l’histoire racontée par Icare, un petit garçon naïf et inculte, surnommé Courgette, qui, à neuf ans, vit à la campagne avec sa mère. Depuis son accident, la mère de Courgette ne travaille plus à l’usine et boit des bières en regardant la télévision du matin au soir. Elle s’occupe peu de son fils qui n’apprend rien à l’école et joue seul pour la plupart du temps. Les rares dialogues échangés passent par la télévision, source d’inspiration de Courgette qui ne connaît la vie qu’à travers le petit écran. Un jour, Courgette découvre un revolver et tue accidentellement sa mère. Le juge le déclare « incapable mineur » et Courgette est envoyé dans une maison d’accueil. Mais pour Courgette, contrairement aux autres enfants, la maison d’accueil est loin d’être « une prison ». L’apprentissage d’une vie passe désormais par les Fontaines et tous les rêves de Courgette deviennent possible.

Mon Avis :

C’est l’histoire d’Icare, que tout le monde surnomme Courgette. Il a 9 ans, et vit seul avec sa mère. Une mère alcolique et violente. Courgette ne connaît la vie qu’a travers l’écran de télévion devant lequel sa mère passe tout son temps. Le jour où il trouve le revolver de sa mère, il la tue accidentellement. Il se retrouve aux  » Fontaines » , dans un foyer avec d’autres enfants qui n’ont pas eu de chance. Et finalement, la mort de sa mère lui a sauvé la vie. En arrivant aux Fontaines il va apprendre la vie avec ses nouveaux amis, ses éducateurs qui prennent soins des enfants, et surtout, il va apprendre l’amour, avec Camille.

Cette histoire racontée directement par Courgette est une merveille de douceur et de tendresse. Pleine d’optimisme et de réalité et d’espoir, ce roman est plus que touchant.

Extraits :

 » La petite fille s’sappelle Camille. Je pense à elle, même quand elle est là. Quand elle me regarde, je deviens aussi rouge qu’une fraise. On dirait une fleur sauvage qu’on veut pas cueillir pour pas qu’elle s’abime entre vos doigts »

 » Les adultes des fois, ça dit des trucs stupides à cause de la peur qui leur dévore le coeur. »

 » Je regarde Camille. Et je me sens tout bizarre, comme si mon coeur jouait au foot avec mon estomac. »

 » Des fois les grandes personnes faudrait les secouer pour faire tomber l’enfant qui dort à l’intérieur. »

 » Moi, quand je serais vieux, j’aurais toujours 10 ans, je poserais toute sortes de questions stupides et je n’aurais pas une seule ride. »

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février 21, 2013 · 3:20

# 55 – L ‘ echo des Morts – De Johan Theorin

echo-des-morts-10Après L’Heure trouble, salué par la critique internationale, L’Écho des morts explore à nouveau l’atmosphère étrange de l’île d’Oland, où les Westin, une famille de Stockholm, ont décidé de s’installer définitivement. Quelques jours après leur arrivée au coeur de l’hiver, Katrine Westin est retrouvée noyée et son mari sombre dans la dépression. Alors que d’inquiétantes légendes autour de leur vieille demeure refont surface, la jeune policière chargée de l’enquête est vite convaincue qu’il ne s’agit pas d’un accident…

Porté par l’écriture très personnelle de Theorin, un suspense où passé et présent s’entrecroisent dans un climat troublant, aux limites du fantastique.

Mon Avis :

Oland est une île suédoise, Alüden est un domaine avec une grande maison en bois et 2 phares dont l’un ne s’allume plus, ou presque plus. Construite avec une épave de bateaux, pour calmer les âmes des marins noyés, dont il redoute les cris, le bâtisseur des phares décide de ménager une petite chapelle dans le grenier de la grange d’Aluden.

La famille Westin décide de s’installer dans cette grande maison et de la rénover. Quelques jours après l’arrivée de son mari, Katrin Westin est retrouvée morte, noyée.
Après la mort de sa femme, Joakim sent des présences et sa fille également, qui parle à sa mère dans son sommeil. Il commence à croire toutes les legendes qu’il a entendu sur Allüden.

Il inspecte la grange et découvre tout d’abord une liste de noms graver sur le bois avec des dates…les morts d’Alluden. Puis il découvre cette fameuse chapelle où son rassemblé beaucoup d’objet appartenant aux morts et il va y découvrir des objets très surprenant.
Lui et une jeune policière arrivée sur l’île, sont convaincu qu’ils ne s’agit pas d’un accident et feront chacun de leur côté leur recherche…

Tout le passé de ce domaine est « présent » les murs chuchotent, des ombres passent, on sent des soupirs, des présences, des portes qui claquent…

Ce roman a une construction atypique. Plusieurs histoires s’entremêlent. Il y a le présent, avec les Westin. Mais aussi l’histoire de Tilda, la policière et Gerlof qui lui raconte la vie de Ragnar son grand-père qui a vécu sur l’île. Il y a un roman, celui de Mirja Rambe, la mère de Katrine où elle raconte l’histoire d’Aluden, leur maison qui a vu de nombreuses personnes mourir. Et il y a ces petites histoires du passé qui font beaucoup au roman, qui rendent le livre fluide.

Cette île est incroyable, une île où la nature décide de tout ! Car quand la tourmente arrive, il vaut mieux rester chez soi de peur de mourir de froid. Cette île est mystérieuse avec toutes ses légendes ses paysages paisibles. Pour moi, c’est elle, « le heros » du roman, l’élément principal, c’est cette île à l’atmosphère si étrange.

Un énorme coup de coeur, une merveille, je n’ai jamais lu un livre aussi vite et sans m’en rendre compte j’avais déjà terminé. La façon dont le livre est écrit et construit fait que l’on a pas le temps de s’ennuyer le suspens est absolu !

Extraits :

L’annonce de l’agence immobilière était libellée ainsi :
« Magnifique demeure de gardien de phare, milieu du XIXe siècle. Situation isolée dans site préservé avec vue imprenable sur la Baltique, plage à moins de 300 mètres. Votre voisin le plus proche : le ciel « .

C’est une pièce étrange, pleine de souvenirs des gens qui ont vécu à Aludden. Ils ne sont plus là. Ils ont passé la main et ont disparu – tout ce qu’il reste d’eux, c’est un nom, des dates et quelques brefs poèmes sur des cartes postales.
C’est ce qui restera un jour de nous tous.
Des souvenirs et des fantômes.

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# 54 – Marilyn Monroe – Anne Plantagenet

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Résumé : Elle voulait qu’on la regarde. Mal aimée, étouffée, violée, abandonnée, l’enfant brune et bégayante nommée Norma Jeane Mortensen était prête à tout pour sortir de l’ombre et taire ses blessures. Jusqu’à devenir Marilyn Monroe (1926-1962), créature artificielle, blonde publique, surgie après neuf heures de maquillage et de décoloration. Jusqu’à se laisser dévorer par elle.

Mon Avis :
Anne Plantagenet retrace avec simplicité la vie surréaliste de Marilyn Monroe, cette vie de strass et de paillettes qui cache un énorme besoin d’amour. Une petite fille , qui begaye, qui a peur, dans le corps d’une pin-up.

Marilyn Monroe, l’icone la plus glamour du XXe siècle, décrite d’une façon tellement touchante et émouvante que c’est la meilleure biographie d’elle que j’ai lu à ce jour.

Marilyn Monroe, une légende !

Extraits :

J’avais un sentiment étrange, l’impression d’être deux personnes à la fois. L’une d’elles était Norma Jeane, l’orpheline fille de personne. L’autre était quelqu’un dont j’ignorais le nom. Mais je savais où était sa place. Elle appartenait à l’océan, au ciel, au monde entier…

Je n’ai jamais eu l’habitude du bonheur,
c’est pourquoi je n’ai jamais considé qu’il allait de soi.
J’ai été élevée différemment du petit Américain moyen qui grandit avec l’idée qu’il va être heureux

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# 53 – Les Coeurs Autonomes De David Foenkinos

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Résumé :
Le plan, c’était d’attacher les flics avec leurs propres menottes. Mais ces deux-là n’ont pas de menottes. Les menottes, c’est le coeur du drame. Plus tard, elle dira que si les flics avaient eu des menottes, rien de tout ce qui va suivre ne serait arrivé.  » Histoire d’un amour hors du commun, évocation de la jeunesse révoltée, ce roman est librement inspiré de l’histoire de deux jeunes amants meurtriers.

Mon Avis :
Avec ce roman, David Foenkinos revient sur l’affaire Rey-Maupin. Je ne connaissais pas du tout cette affaire, puisque j’étais encore petite en 1994. J’ai donc découvert l’histoire avec « les coeurs autonomes ». On découvre donc ce couple si spécial, ce couple amoureux qui ne veut pas faire partie de la société, qui ne veut pas « rentrer dans le moule ». Elle fait ça pour lui, pour qu’il soit fier d’elle, il fait ça car il est passionné, énervé contre cette société qu’il déteste.
Un amour à toute épreuve, délivré sans aucune réserve, une adoration meurtrière sans faille. Le rythme que David Foenkinos utilise dans son roman est fluide voire même poétique, il se lit bien et vite. Il nous emporte dans la spirale infernale de haine et d’amour de ce couple marginal. C’est un coup de coeur pour moi.

Extraits :
« Elle regarde son amour, immobile déjà, et calme. Presque soulagé par la mort. Elle s’approche de lui, et pose ses lèvres sur ses lèvres. Ce moment est parsemé de tous leurs moments, en folie, à la vitesse supérieure, les moments de leur amour tourbillonnants autour de leurs deux visages comme la vie défile aux yeux de ceux qui glissent vers le néant.  »

 » C’est vraiment des cons. Des purs produits de la société. Ils vont s’engluer dans les études, avoir une bonne situation, puis s’acheter une belle maison, faire trois gosses, et puis acheter un chien. (…) Tout avoir, posséder, déposséder les autres. Ce sont des cons. Je leur laisse deux ans pour voter à droite. « 

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# 52 – Just Kids , Patti Smith

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Résumé :
C’était l’été où Coltrane est mort, l’été de l’amour et des émeutes, l’été où une rencontre fortuite à Brooklyn a guidé deux jeunes gens sur la voie de l’art, de la ténacité et de l’apprentissage. Patti Smith deviendrait poète et performeuse, et Robert Mapplethorpe, au style très provocateur, se dirigerait vers la photographie. Liés par une même innocence et un même enthousiasme, ils traversent la ville de Brooklyn à Coney Island, de la 42e Rue à la célèbre table ronde du Max’s Kansas City, où siège la cour d’Andy Warhol. En 1969, le couple élit domicile au Chelsea Hotel et intègre bientôt une communauté de vedettes et d’inconnues, artistes influents de l’époque et marginaux hauts en couleur. C’est une époque d’intense lucidité, les univers de la poésie, du rock and roll, de l’art et du sexe explosent et s’entrechoquent. Immergés dans ce milieu, deux gamins font le pacte de toujours prendre soin l’un de l’autre. Romantiques, engagés dans leur pratique artistique, nourris de rêves et d’ambitions, ils se soutiennent et se donnent confiance pendant les années de vache maigre. Just Kids commence comme une histoire d’amour et finit comme une élégie, brossant un inoubliable instantané du New York des années 60-70, de ses riches et de ses pauvres, de ses paumés et de ses provocateurs. Véritable conte, il retrace l’ascension de deux jeunes artistes, tel un prélude à leur réussite.

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Mon avis :
Patti Smith relate avec pudeur et émotion sa vie avec Robert Mapplethorpe, cette vie faite de bohème mais surtout d’art même dans les pires moments, ils savaient que l’art était en eux. Elle parle très peu du rock et de la chanteuse qu’elle est devenue. Dans ce roman c’est la Patti Smith des années 60, la poétesse, celle qui se cherche encore. Elle nous raconte ce qui l’a faite devenir la Patti Smith que l’on connaît. La relation fusionnelle qu’elle entretenait avec Robert et qu’elle a toujours eu même après son mariage. Cette histoire d’amitié si intense. Just Kids commence et se termine avec la mort de Robert en 1989. Cette vie qu’elle relate sans se plaindre, malgré les coups durs est une histoire incroyable. Et elle s’est servie, pour ce livre qu’elle a pensé et écrit en plus de treize ans, de tous ses journaux intimes, où chaque détail était consigné, les coupes de cheveux qu’elle administre à Mapplethorpe à la lumière de la lune, ou l’atmosphère du New York des années 60 ou 70.
Une histoire tellement touchante qu’elle fait partie des histoires dont on ne ressort pas indemne.

Extraits :
– C’était l’été de la mort de Coltrane. L’été de « Crystal Ship ». Les enfants fleurs levaient leurs bras vides et la Chine faisait exploser la bombe H. Jimi Hendrix mettait le feu à sa guitare, « Ode to Billie Joe » passait en boucle sur les grandes ondes. Des émeutes éclataient à Newark, Milwaukee et Detroit. C’était l’été d’Elvira Madigan, l’été de l’amour. Et dans cette atmosphère instable, inhospitalière, le hasard d’une rencontre à changé ma vie. C’est l’été où j’ai rencontré Robert Mapplethorpe.

– Nous avions notre travail et notre amour. Nous n’avions pas d’argent pour aller voir des concerts ou des films, pas d’argent pour acheter des disques, mais nous passions et repassions inlassablement ceux que nous avions.

– Personne n’était destiné à mourir au Viêt-Nam, mais peu devait survivre aux fléaux cruels d’une génération.

– Qui peut connaître le cœur de la jeunesse sinon la jeunesse elle-même ?

– Il m’avait appris que la contradiction est souvent la voie la plus évidente vers la vérité.

– Il m’a regardé de ses yeux plein d’amour et de reproche. Mon amour pour lui ne pouvait pas le sauver. Son amour de la vie ne pouvait pas le sauver. C’était la première fois que je réalisais vraiment qu’il allait mourir.

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décembre 20, 2012 · 8:59