Archives de Catégorie: Romans Français

# 56 – Autobiographie d’Une Courgette – Gilles Paris

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Editeur : J’ai lu

Nombre de pages : 254

Résumé :

« Depuis tout petit, je veux tuer le ciel ». Ainsi commence l’histoire racontée par Icare, un petit garçon naïf et inculte, surnommé Courgette, qui, à neuf ans, vit à la campagne avec sa mère. Depuis son accident, la mère de Courgette ne travaille plus à l’usine et boit des bières en regardant la télévision du matin au soir. Elle s’occupe peu de son fils qui n’apprend rien à l’école et joue seul pour la plupart du temps. Les rares dialogues échangés passent par la télévision, source d’inspiration de Courgette qui ne connaît la vie qu’à travers le petit écran. Un jour, Courgette découvre un revolver et tue accidentellement sa mère. Le juge le déclare « incapable mineur » et Courgette est envoyé dans une maison d’accueil. Mais pour Courgette, contrairement aux autres enfants, la maison d’accueil est loin d’être « une prison ». L’apprentissage d’une vie passe désormais par les Fontaines et tous les rêves de Courgette deviennent possible.

Mon Avis :

C’est l’histoire d’Icare, que tout le monde surnomme Courgette. Il a 9 ans, et vit seul avec sa mère. Une mère alcolique et violente. Courgette ne connaît la vie qu’a travers l’écran de télévion devant lequel sa mère passe tout son temps. Le jour où il trouve le revolver de sa mère, il la tue accidentellement. Il se retrouve aux  » Fontaines » , dans un foyer avec d’autres enfants qui n’ont pas eu de chance. Et finalement, la mort de sa mère lui a sauvé la vie. En arrivant aux Fontaines il va apprendre la vie avec ses nouveaux amis, ses éducateurs qui prennent soins des enfants, et surtout, il va apprendre l’amour, avec Camille.

Cette histoire racontée directement par Courgette est une merveille de douceur et de tendresse. Pleine d’optimisme et de réalité et d’espoir, ce roman est plus que touchant.

Extraits :

 » La petite fille s’sappelle Camille. Je pense à elle, même quand elle est là. Quand elle me regarde, je deviens aussi rouge qu’une fraise. On dirait une fleur sauvage qu’on veut pas cueillir pour pas qu’elle s’abime entre vos doigts »

 » Les adultes des fois, ça dit des trucs stupides à cause de la peur qui leur dévore le coeur. »

 » Je regarde Camille. Et je me sens tout bizarre, comme si mon coeur jouait au foot avec mon estomac. »

 » Des fois les grandes personnes faudrait les secouer pour faire tomber l’enfant qui dort à l’intérieur. »

 » Moi, quand je serais vieux, j’aurais toujours 10 ans, je poserais toute sortes de questions stupides et je n’aurais pas une seule ride. »

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février 21, 2013 · 3:20

# 53 – Les Coeurs Autonomes De David Foenkinos

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Résumé :
Le plan, c’était d’attacher les flics avec leurs propres menottes. Mais ces deux-là n’ont pas de menottes. Les menottes, c’est le coeur du drame. Plus tard, elle dira que si les flics avaient eu des menottes, rien de tout ce qui va suivre ne serait arrivé.  » Histoire d’un amour hors du commun, évocation de la jeunesse révoltée, ce roman est librement inspiré de l’histoire de deux jeunes amants meurtriers.

Mon Avis :
Avec ce roman, David Foenkinos revient sur l’affaire Rey-Maupin. Je ne connaissais pas du tout cette affaire, puisque j’étais encore petite en 1994. J’ai donc découvert l’histoire avec « les coeurs autonomes ». On découvre donc ce couple si spécial, ce couple amoureux qui ne veut pas faire partie de la société, qui ne veut pas « rentrer dans le moule ». Elle fait ça pour lui, pour qu’il soit fier d’elle, il fait ça car il est passionné, énervé contre cette société qu’il déteste.
Un amour à toute épreuve, délivré sans aucune réserve, une adoration meurtrière sans faille. Le rythme que David Foenkinos utilise dans son roman est fluide voire même poétique, il se lit bien et vite. Il nous emporte dans la spirale infernale de haine et d’amour de ce couple marginal. C’est un coup de coeur pour moi.

Extraits :
« Elle regarde son amour, immobile déjà, et calme. Presque soulagé par la mort. Elle s’approche de lui, et pose ses lèvres sur ses lèvres. Ce moment est parsemé de tous leurs moments, en folie, à la vitesse supérieure, les moments de leur amour tourbillonnants autour de leurs deux visages comme la vie défile aux yeux de ceux qui glissent vers le néant.  »

 » C’est vraiment des cons. Des purs produits de la société. Ils vont s’engluer dans les études, avoir une bonne situation, puis s’acheter une belle maison, faire trois gosses, et puis acheter un chien. (…) Tout avoir, posséder, déposséder les autres. Ce sont des cons. Je leur laisse deux ans pour voter à droite. « 

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# 51 – Au secours Pardon – Beigbeder

Quatrième de couv :

 

«  Dehors, le blizzard soufflait ; devant le café Vogue, trois chevaux-taxi attendaient en grelottant sous la neige de m’emmener ivre mort à la Galleria contre 200 roubles. Parfois, je vibrais à l’unisson de ce décor de féerie, la blancheur conférait à tout ce qui était visible une aura merveilleuse, et alors, l’espace d’un instant, le monde me semblait bien organisé »

 

Octave est de retour. L’ancien rédacteur publicitaire de 99 francs porte désormais une chapka. Il erre dans Moscou, sous la neige et les dollars, à la recherche d’un visage parfait. Son nouveau métier ? « Talent Scout » ; un job de rêve, payé par une agence de mannequins pour aborder les plus jolies filles du monde. Tout le problème est de trouvé laquelle.

 

 

Mon avis :

 

Octave est de retour pour de nouvelles aventures, cette fois il ne travail pas dans la pub à Paris, il est installé en Russie, il a 40 ans, divorcé 2 fois, et recherche des mannequins dans la rue. Il a une idée très précise, pour trouver la fille parfaite, car pour lui c’est mathématique. Il rencontre des tas de jeune fille, mais il va littéralement tomber sous le charme de Lena, la jeune fille que le prêtre lui présente, ce dernier avait rencontré sa mère sur Paris. Octave fond en sa présence, seul problème, elle a 14 ans. Ce qui nous confirme qu’il est toujours aussi fou que dans 99 francs, mais cette fois, Beigbeder va vraiment loin, à un point où ça en devient malsain. Et pourtant, c’est du Beigbeder tout craché, et j’ai vraiment aimé. J’ai aimé le pétage de plomb d’Octave, j’ai aimé les interventions des gens de son entourage comme son ex-femme qui le compare à l’homme invisible. Bien trash comme il faut, bien déjanté comme je les aime, j’ai adoré. J’ai envie d’aller en Russie maintenant.

 

Extraits :

 

  • « Chérie, je t’aimerai toujours, tu es vraiment faite pour moi, mais j’ai envie de faire l’amour à d’autres femmes que toi. Cela te paraît insupportable alors que c’est toi qui est insupportable : tu contestes tout simplement l’essence de ma masculinité. Il n’est pas très grave que je couche avec d’autres femmes si tu n’enquêtes par sur tous les détails et ne lis pas mes e-mails. Tu peux faire la même chose, je ne te l’interdis pas, au contraire, ça m’excite de savoir désirée par d’autres hommes car comme tous les mecs je suis un pédé refoulé. Ta jalousie est tellement réac que tu es à toi seule la preuve de l’échec de la révolution sexuelle. Tu veux profiter des acquis de la révolution féministe mais tu veux aussi la restauration du couple à l’ancienne. Tu ne m’aimes pas : tu veux me posséder, ce n’est pas la même chose. Si tu m’aimais comme tu le prétends, tu aurais envie que j’aie tout le temps du plaisir, avec ou sans toi, comme je te le souhaite aussi, avec ou sans moi. Je vais être obligé de te quitter pour cette stupide et néanmoins – ma décision le prouve – extrêmement importante raison : j’avais besoin de toucher d’autres corps que le tien, afin de vérifier que c’était le tien que je préférais. Adieu, dragon de ma vie, incapable de comprendre ce qu’est un mari. Je te suggère le suicide ou le lesbianisme comme issue à ton ignorance des fondements de la virilité. Regarde-moi bien : tu ne vas plus me voir. C’est en voulant me posséder que tu viens de me perdre. »

 

 

  • « Tout homme sincèrement amoureux est un loser »

 

 

  • « Sans toi je suis handicapé, tétraplégique, mongolien, comateux, paranoïaque, névrosé et maniaco-dépressif. Ferme les yeux, j’appose mes mains sur ton visage et je chuchote dans tes oreilles que je t’aimerai toujours. Entends-tu mes larmes couler dans tes oreilles ? »

 

 

  • « Je suis dans un bus au lieu d’être dans ta bouche »

 

 

  • « Il était perdu, moi je me cherchais, notre rencontre était fatale »

 

 

  • « Mon mari était une poignée d’eau, je n’ai jamais pu le saisir. Il n’avait aucune consistance ; vivre avec lui était comme d’habiter avec l’homme invisible. Octave fuyait tout le temps, on aurait dit un vieux robinet. Et moi qui me prenais pour son plombier. Même le jour de notre mariage, il avait la tête ailleurs. Il devait déjà planifier notre divorce. (…) Vivre avec Octave, c’était vivre à côté de lui. J’allais dire « dans son ombre » mais ce serait inexact : il ne pouvait pas avoir d’ombre puisqu’il était transparent. (…) Il ne cessait de me répéter qu’il était fou mais je ne le croyais pas. Je ne voyais pas comment quelqu’un qui n’existe pas pouvait être fou. »

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# 43 – Apocalypse Bébé de Virginie Despentes.

 

Résumé : 

 

Valentine disparue … Qui la cherche vraiment ?
Entre satire sociale, polar contemporain et romance lesbienne, le nouveau roman de Virginie Despentes est un road-book qui promène le lecteur entre Paris et Barcelone, sur les traces de tous ceux qui ont connu Valentine, l’adolescente égarée … Les différents personnages se croisent sans forcément se rencontrer, et finissent par composer, sur un ton tendre et puissant, le portrait d’une époque.

 

Mon Avis : 

 

Valentine a disparu. Lucie, détective privée a été engagée tout d’abord pour la surveiller et ensuite pour la retrouver. Elle se fait aider par la Hyène, dont le surnom lui va à merveille.

L’histoire commence alors. Avec des personnages plus déjantés les uns que les autres, du Virginie Despentes tout craché.

Cette dernière dresse dans son roman un tableau de la société, et elle l’a massacre, toutes les classes y passent, personne n’y échappe.

Beaucoup de thèmes différents apparaissent dans ce livre, il y a la vie d’une adolescente qui grandit avec un père distant et une mère qui l’a abandonnée, l’homosexualité également, les histoires d’amour, la sexualité, la société de consommation, etc…

 

Pour conclure, un roman digne de Virgine Despentes ; poignant, trash, vulgaire, prenant. On ne peut pas tous aimer, mais moi… j’adore !!!

 

« On pointe rarement du doigt le vrai ravage dont les journaux féminins et l’industrie cosmétique sont responsables : faire croire à une nation de boudins qu’elles peuvent, en faisant quelques efforts, avoir l’air d’autre chose que de ce qu’elles sont… »

 

 » Une gueule d’ange. Une âme de salaud. Un classique. »

 

 » Les enfants sont les vecteurs autorisés de la sociopathie des parents. Les adultes geignent en faisant mine d’être dépassés par la vitalité « destroy » des petits, mais on voit bien qu’ils jouissent d’enfin pouvoir emmerder le monde en toute impunité, au travers de leur progéniture. Quelle haine du monde a bien pu les pousser à se dupliquer autant? »

 

« Je suis la peste, le choléra,
la grippe aviaire et le bombe A.
Petite salope radioactive,
mon coeur ne comprend que le vice.
Transuraniens, humains poubelles,
contaminant universel. »

 

« Par la violence, on instaure toujours un nouveau pouvoir, qui se légitimera comme les pouvoirs précédents : par la violence. Ne changent que les têtes qui dirigent. Car le nouveau pouvoir ne trouvera jamais légitime la violence de ceux qu’il opprime, et la boucle est bouclée ».

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36 # L’égoïste Romantique – Frédéric Beigbeder

Quatrième de couv : 

Cette histoire débute en l’an 2000. Oscar Dufresne a trente-quatre ans. C’est un écrivain fictif, comme il y a des malades imaginaires. Il tient son journal dans la presse pour que sa vie devienne passionnante. Il est égoïste, lâche, cynique et obsédé sexuel – bref c’est un homme comme les autres. Ainsi l’auteur définit-il son livre, journal d’un people et chronique d’une génération :  » Il faudrait inventer pour le délire dufresnien, en hommage à Malraux, la dénomination d’antijournal. C’est un miroir déformant que je promène le long de mon nombril.  »

Mon avis :

Oscar Dufresne est de retour pour de nouvelles aventures.

Son journal, ses pensées nous sont livrés jour par jour. Il alterne tout ce qui lui passe pas la tête sans réelle logique. Sa vie de célébrité parisienne, ses soirées, ses copines. De temps en temps il fera des observations très intéressantes sur le monde qui l’entoure, société, politique, amour, etc. Mais pour le reste… ce n’est que des phrases qui n’ont pas beaucoup de sens. Bien que, comme d’habitude, j’aie adoré son style d’écrire. Je peux d’ores et déjà dire que ce n’est pas mon roman préféré de Beigbeder, il en a fait des biens meilleurs.

 

 

« On croit qu’en vieillissant on s’endurcit c’est faux : on tombe amoureux tous les jours, au détour d’un regard, au son d’un rire cristallin dont le cœur se souvient. Simplement on se retient parce qu’on sait où cela mène. »

 

 

« Les hommes sont toujours entre une ex et une future, car le présent ne les intéresse pas. Ils préfèrent naviguer entre la nostalgie et l’espoir, entre la perte et le fantasme. Nous sommes toujours coincés entre deux absentes. »

 

 

« L’amour c’est cela : faire croire à la personne qu’on désire le plus au monde qu’elle nous laisse de marbre. L’amour consiste à jouer la comédie de l’indifférence, à cacher ses battements de coeur, à dire l’inverse de ce qu’on ressent. Fondamentalement, l’amour est une escroquerie. »

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34 # J’étais derrière toi – Nicolas Fargues

Quatrième de couv :

C’est dans la trentaine que la vie m’a sauté à la figure. J’ai alors cessé de me prendre pour le roi du monde et je suis devenu un adulte comme les autres, qui fait ce qu’il peut avec ce qu’il est. J’ai attendu la trentaine pour ne plus avoir à me demander à quoi cela pouvait bien ressembler, la souffrance et le souci, la trentaine pour me mettre, comme tout le monde, à la recherche du bonheur. Qu’est-ce qui s’est passé? Je n’ai pas connu la guerre, ni la perte d’un proche, ni de maladie grave, rien. Rien qu’une banale histoire de séparation et de rencontre »

Mon avis :

C’est un style d’écriture particulier, celui où l’auteur s’adresse directement au lecteur, et j’ai adoré, j’aimerai voir ça plus souvent.

En ce qui concerne l’histoire en elle même, c’est une histoire d’amour, ou plutôt une histoire d’amour qui a du mal à se terminer pour en commencer une autre.

Marié, deux enfants, il commet un premier impair avec une chanteuse de passage, qu’il avoue directement à sa femme. A partir de là, son couple devient un cauchemar, sa femme, qui a décidé de lui faire payer devient monstrueuse et va même jusqu’à le frapper violemment.

Quand il part quelques jours en Italie et que le destin met Alice sur son passage, sa vie bascule. Il regoutte à l’amour, aux vrais sentiments. Ce petit bout de femme est attirant, attachant et on aimerai qu’il quitte Alexandrine sa femme, pour elle. Mais, pour je ne sais qu’elle raison, il met du temps, il s’attarde, il se pose des questions,  » suis je encore amoureux d’elle ? Est ce que j’ai le droit de la quitter si elle va mal ? » etc.

Alors on le suit dans son histoire et on l’encourage secretement à quitter sa femme pour la belle et intelligente Alice.

J’ai passé un très bon moment à lire ce livre de même pas 300 pages, le style écriture nous donne l’impression de vivre son histoire en direct. Je le conseil vivement.

 » J’ai du mal à imaginer qu’on puisse faire l’amour avec quelqu’un, même d’inconnu, même une unique nuit, sans qu’un lien fort en résulte. Deux corps qui se sont pénétrés, deux peaux qui se sont frottées l’une contre l’autre, deux salives qui se sont échangées, se doivent des comptes, on ne peut pas s’en tirer comme ça, même si chez la plupart des gens, de fait, ça n’engage à rien. »

 

 

 » Je ne me suis jamais senti aussi seul, jamais dans une impasse à ce point, alors je fonds en larmes pour moi tout seul, parce que j’ai fini par comprendre que, dans ces cas-là, quand tu n’as plus d’autre solution, quand ça devient trop, trop impossible, trop sans issue, c’est la seule chose à faire. »

 

 » Pour moi, une inconnue, une fille de façon générale, c’est une fête, une aventure, et son corps offert, le plus inespéré et précieux des trésors. C’est peut-être naïf, mais je m’en fous. Je la revendique, même, cette naïveté, j’en suis fier, je suis très heureux de l’avoir conservée intacte à mon âge parce qu’elle m’a réservé de trop rares mais intenses moments de bonheur ».

 

 

 » A t-on le droit, pour sauver égoïstement sa peau, de quitter celui ou celle que l’on a aimé à la vie à la mort ? As tu le droit de laisser tomber l’autre, lorsqu’il va  moins bien que toi qu’il est plus vulnérable que toi et qu’il est tacitement établi entre vous que son si fragile équilibre dépend de ta décision ou non de rester ? »

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32 # Le Club Des Incorrigibles Optimistes – Guenassia J.M

Michel Marini avait douze ans en 1959. C’était l’époque du rock’n’roll et de la guerre d’Algérie. Lui, il était photographe amateur, lecteur compulsif et joueur de baby-foot au Balto de Denfert-Rochereau. Dans l’arrière-salle du bistrot, il a rencontré Tibor, Léonid, Sasha, Imré et les autres. Ces hommes avaient tous passé le Rideau de fer pour sauver leur vie. Ils avaient abandonné leurs amours, leur famille, leurs idéaux et tout ce qu’ils étaient. Ils s’étaient tous retrouvés à Paris dans ce club d’échecs d’arrière-salle que fréquentaient aussi Kessel et Sartre. Cette rencontre bouleversa définitivement la vie de Michel. Parce qu’ils étaient tous d’incorrigibles optimistes.

Roman de génération, reconstitution minutieuse d’une époque, chronique mélancolique d’une adolescence : Jean-Michel Guenassia réussit un roman étonnant tant par l’ampleur du projet que par le naturel dont il s’en acquitte.

 

Mon avis :

Ce roman est l’histoire de Michel Marini qui en est le héros, mais surtout celle de Leonid, Sacha, Tibor, Imré et les autres. Tous on abandonnés femmes et enfants par craintes d’être arrêté, et tous ou presque ont déjà trahi leurs proches ou leurs idées. Dans leurs pays ils étaient ennemis, en France ils deviennent amis, solidaires et se retrouvent tous dans l’arrière salle d’un bar pour jouer aux échecs. La rencontre avec ces personnes va changer la vie de Michel. Grâce à eux et à d’autres évènements il va apprendre à devenir un homme et à laisser un peu plus chaque jours sa vie d’enfant derrière lui.

Guenassia offre au lecteur une plongée nostalgique mais pas dépourvue de lucidité dans la France des années 50/60, les luttent philosophiques entre Camus et Sartre, les dévoiements de l’URSS, la guerre d’Algérie.

Ce roman est triste , touchant, émouvant, plein d’humour et on ne s’ennui pas une seconde. Cela à été un énorme coup de coeur pour moi et je le conseil à tout le monde !

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28 # Le quai de Ouistreham – De Florence Aubenas

❤ COUP DE COEUR ❤

Qui est florence Aubenas ? 

Florence Aubenas (née le 6 février 1961 à Bruxelles) est une journaliste française. Elle a effectué la plus grande partie de sa carrière au sein du quotidien Libération comme grand reporter jusqu’à son départ en 2006 pour l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur. Lors d’un reportage en Irak, en 2005, elle a été retenue en otage pendant plusieurs mois. Le 2 juillet 2009, elle a été élue à la tête de l’Observatoire international des prisons.

Quatrième de couverture.

Comment vit-on en France, aujourd’ hui, quand on a un revenu inférieur au Smic – voire pas de revenu du tout ? Pour le savoir, Florence Aubenas quitte temporairement sa famille, ses amis et son emploi de grand reporter au Nouvel Observateur pour vivre pendant six mois dans la ‘France de tout en bas’. Embauchée d’abord comme femme de ménage dans une ville de province, cumulant les contrats précaires, elle plonge dans un autre monde. Un monde où le travail est rare et les nuits brèves, l’exploitation maximale et la solidarité active. Où les lieux de rencontre sont lePôle emploi et l’hypermarché local. Entre colère et résignation, chacun lutte pour sa survie.

Mon avis.

De février à juillet 2009, elle prend un congé sabbatique laissant circuler la rumeur qu’elle part au Maroc écrire un roman. Dans les faits, elle s’installe à Caen et s’inscrit comme chômeuse au Pôle emploi pour chercher du travail. Elle mène l’enquête sur la France des travailleurs précaires qui vivent avec un salaire inférieur au SMIC.

Pendant 6 mois elle va vivre le quotidien d’une chômeuse qui n’a jamais travaillé et qui n’a pour seul bagage qu’un bac L. Elle nous décrit magnifiquement bien la misère sociale et culturelle de la France. On pourrait croire, après son enlèvement en 2005 que tout le monde la reconnaîtrait, mais non, elle y est aller elle même tout simplement, en portant juste ses lunettes et avec une nouvelle couleur de cheveux. Pendant 6 mois elle va accumulé les petits boulots d’agent d’entretien elle va connaître la galère et l’humiliation que toutes les femmes qui sont dans la même condition qu’elle vivent au quotidien. Malgrés l’humiliation que subissent ces femmes tous les jours, la peur du liceciment est trop présente pour abandonner.

Et c’est à travers le portrait de toutes ses collègues que l’on se rend compte de la gravité de la crise et ce que ça représente pour ceux qui sont dans la précarité. C’est une vie à quémander un bout d’heure de travail par ci ou pas là, et la recherche d’un travail prend tout leur temps, la preuve, pendant ces 6 mois, Florence Aubenas n’est rentrée que 2 fois chez elle, elle avait trop à faire à Caen. Entre les rendez-vous chez Pôle emploi et les formations toutes plus bidons les unes que les autres, les 3 CDD signés en même temps. Il y a vraiment peu de temps pour faire autre chose.

Pendant tout le roman, Florence Aubenas ne portera aucun jugement, elle racontera simplement, d’une très belle façon la France vue avec les yeux de la crise.

Témoignage poignant, bouleversant, drôle et terriblement réel.

Un gros coup de coeur pour moi.

Le livre de Florence Aubenas remporte, le 30 Avril 2010, le prix Jean Amila-Meckert, qui récompense chaque année un ouvrage d’expression populaire et de critique sociale.

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26 # Un roman français – Beigbeder

Quatrième de couv :

 

 » C’est l’histoire d’une Emma Bovary des seventies, qui a reproduit lors de son divorce le silence de la génération précédente sur les malheurs des deux guerres. C’est l’histoire d’un homme devenu un jouisseur pour se venger d’être quitté, d’un père cynique parce que son coeur était brisé. C’est l’histoire d’un grand frère qui a tout fait pour ne pas ressembler à ses parents, et d’un cadet qui a tout fait pour ne pas ressembler à son grand frère. C’est l’histoire d’un garçon mélancolique parce qu’il a grandi dans un pays suicidé, élevé par des parents déprimés par l’échec de leur mariage. C’est l’histoire d’un pays qui a réussi à perdre deux guerres en faisant croire qu’il les avait gagnées, et ensuite à perdre son empire colonial en faisant comme si cela ne changeait rien à son importance. C’est l’histoire d’une humanité nouvelle, ou comment des catholiques monarchistes sont devenus des capitalistes mondialisés. Telle est la vie que j’ai vécue : Un roman français.  »

 

Ma chronique :

 

En 2008, à la sortie d’une boîte de nuit, Frédéric Beigbeder se fait arrêter pour consommation de cocaïne sur la voix publique et se retrouve en garde à vue. Il utilise le prétexte de l’enfermement, pour essayer de raviver les souvenirs de son enfance oublié.  On découvre Beigbeder sous un autre jour, réputé pour être un auteur rebelle et frivole, il nous dévoile ici une toute autre partie de sa personnalité. Ecriture intelligente, sensible et poétique. Etant une grande fan de Beigbeder, j’ai bien sûr aimé le roman, qui est différent des autres, mais j’ai quand même une préférence pour ceux que j’ai lus avant celui-ci.

Extraits :

 

  • On peut oublier son passé. Cela ne signifie pas que l’on va s’en remettre.
  • Depuis je n’ai cessé d’utiliser la lecture comme un moyen de faire disparaître le temps, et l’écriture comme un moyen de le retenir.
  • On n’évolue pas, l’enfance nous définit pour toujours puisque la société nous a infantilisés à vie.
  • Le bonheur d’être coupé du monde, voilà ma première addiction. Arrêter de lire des romans exige beaucoup de force. il faut avoir envie de vivre, de courir, grandir. J’étais drogué avant même que d’avoir le droit de sortir le soir. Je m’intéressais davantage aux livres qu’à la vie.
  • Si vous voulez attirer l’attention de quelqu’un, il faut le quitter.
  • Et Françoise Sagan répondit : « On se drogue parce que la vie est assommante, que les gens sont fatigants, qu’il n’y a plus tellement d’idées majeures à défendre, qu’on manque d’entrain. »
  • Le droit de me brûler les ailes, le droit de tomber bien bas, le droit de couler à pic. Ce sont des droits de l’homme qui devrait figurer dans le préambule de la constitution.
  • Je l’aimais sans jamais lui dire. Je rougissais trop pour pouvoir lui parler. Je devenais écarlate quand je la voyais, mais aussi quand elle n’était pas là, si quelqu’un m’en parlait. […] Il suffisait que je pense à elle, ou que je suppose que quelqu’un puisse songer que j’allais éventuellement penser à elle, et je devenais rouge pivoine.
  • Pour moi elle était tout, pour elle je n’étais rien.
  • Son pessimisme lui sert d’armure : il s’attend tellement au pire qu’il n’est jamais surpris.
  • L’amour doit être passionnel, inconditionnel, fusionnel et jaloux. Quitte à durer peu.

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23 # Sauve-moi , Guillaume Musso

 » Rien ne prédisposait Juliette et Sam à se rencontrer. Encore moins à tomber amoureux.Leur rencontre est explosive et magique. L’espace d’un week-end à New York, ils vivent le coup de foudre et la passion. Mais voilà, chacun a menti à l’autre. Sam en se prétendant marié, Juliette en racontant qu’elle est avocate. Juliette doit repartir pour Paris, et Sam l’accompagne à l’aéroport. C’est l’instant décisif où leur destin peut basculer, mais ni Sam ni Juliette n’osent prononcer les mots qu’il faut.

Une demi-heure plus tard, la nouvelle tombe : l’avion de Juliette a explosé en plein ciel. Sam sombre dans le désespoir.

Mais il ignore que leur histoire est loin d’être terminée…Une histoire d’amour envoûtante et féerique. »

 

C’est l’histoire de Sam, c’est l’histoire de Juliette, c’est l’histoire d’un coup de foudre comme on n’en voit que dans les livres. Sam qui ne veut plus retomber amoureux depuis le suicide de sa femme, Juliette qui ne croit pas plus en l’amour qu’aux contes de fée. En se rencontrant ils vont donner un sens à leur vie. En même temps se mêle le paranormal que Guillaume Musso utilise souvent dans ses œuvres, j’avoue ne pas spécialement apprécier le côté paranormal de ses romans, mais pour le reste, j’accroche vraiment. L’intrigue est vraiment très bien menée, l’auteur nous tiens en haleine jusqu’à la dernière ligne et j’aime beaucoup ce style d’écriture.

 

–          « Penser à vous fait battre mon cœur plus vite, et c’est la seule chose qui compte pour moi. »

–          « Chacun court dans son coin sans s’occuper du voisin. Les gens sont écrasés les uns contre les autres et pourtant si seuls »

–          « On ne se sent jamais aussi vivant qu’au seuil de la mort. »

–          « Je peux vous assurer que, si vous avez déjà aimé sincèrement une fois dans votre vie, vous avez toutes les chances d’aimer de nouveau. »

–          « Et chaque fois qu’il la regardait, il ressentait comme une décharge d’éléctricité. »

–          « C’est peut-être la bonne personne mais pas au bon moment. »

–          «  Jamais il ne s’était senti comme ça : en manque absolu de quelqu’un comme d’une drogue. »

–          «  Rien n’est plus trompeur qu’une photo : on croit fixer un moment heureux pour l’éternité alors qu’on ne crée que de la nostalgie. »

–          «  C’est vrai qu’elle aimait beaucoup lire. Mais les livres ne protègent pas de la peur. Les livres ne rendent pas réellement plus fort. Ou alors elle les avait mal lus. »

–          « La vie prenait vraiment d’autres couleurs lorsqu’on était amoureux. A nouveau, son existence lui paraissait avoir un sens. »

–          «  Il avait toujours été persuadé que leurs destins étaient liés et qu’ils se sauveraient ensemble ou qu’ils périraient ensemble. »

–          «  Elle se reprochait beaucoup d’avoir cru à l’amour, alors qu’elle en connaissait les pièges et les désillusions. En bonne littéraire, elle aurait dû écouter les mises en garde de Kant et de Stendhal : l’amour tourmente et fait souffrir ; l’amour n’est qu’un soleil trompeur, une drogue qui nous empêche de voir le réel. Nous croyons toujours aimer quelqu’un pour ce qu’il est, nous n’aimons en fait, à travers lui, que l’idée de l’amour. »

 


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